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A l’attaque

 

Samedi 19, réveil matinal: 5h. Je plie le camp, range le parapente dans sa chaussette et par en direction de la profonde vallée qui se profile devant moi.

En amont, j’avais repéré sur Google Earth une liste de décollages ‘potentiels’ tout au long du parcours. Mais tout reste très délicat.

Sac sur le dos, bâton en main, je soutiens  ma progression lente autour des lacs de Green River. Le paysage me laisse sans voix. J’attends un ours à chaque virage et fouille le rivage du regard en quête de traces d’orignaux. Pas de signe de vie. Déjà la veille j’hésitais entre deux décollages, je ne suis toujours pas certain de mon choix. Je continue mon chemin en direction des deux, le temps de m’imprégner de l’atmosphère locale et préciser mes observations. Je progresse lentement, le sac me parait pas trop lourd pour le moment. J’atteins une clairière d’où s’échappe une fumée : un petit campement est installé le long de la rivière. Des amateurs de la pêche à la mouche sont venus s’installer dans la vallée pour quelques jours pour profiter des conditions incroyables des Winds. Juste ce matin, alors que je traversais une rivière, j’ai vu une dizaine de truites, toutes proches les unes des autres, prêtes à bondir sur  à la moindre opportunité.

J’opte pour Oswald mountain et attaque le chemin qui zigzague dans la forêt et longe une rivière qui dévale une dalle à 45 degré,  longue de 300 m. Un peu plus haut, le chemin se divise et part sur la gauche. Il me faut traverser une rivière. Je la longe pendant 5 minutes et m’imagine déjà le restant de la journée les pieds mouillés quand j’aperçois 3-4 troncs d’arbres bloqués en travers. L’écorce est partie et laisse place aux fibres lissées par le passage de l’eau. C’est un peu délicat avec 20kg sur le dos mais ça passe, ouf ! Petite pause sucré/salé et me voilà reparti. Je suis chanceux, une clairière serpente sur les flancs de la montagne et m’évite un passage en forêt. La vue se dégage doucement vers le Sud. En route, je croise nos amies les marmottes qui se dorent le pelage et m’observent passivement. Je monte, je monte. Bientôt 1000 m de dénivelé et je dépasse bien les 3000 m. Le manque d’oxygène se fait sentir. Il me faudra 7h pour rejoindre la zone repérée. Enfin m’y voici. La vue s’est complètement ouverte sur la vallée, Squaretop mountain est juste en face de moi. C’est l’emblème de la partie Nord des Winds. Ses parois imposantes juste au dessus des lacs, en font un cliché prisé des amateurs de paysages.

 

L'art du repérage

Il s'agit de définir la faisabilité d’un décollage.

Dans mon cas, le travail a été effectué à distance à partir d’images satellites. Le premier critère est d’imaginer l’aérologie locale, les brises de vallée etc ainsi que le vent dominant que l’on souhaite exploiter. À partir de là, la topographie rentre en jeu : l’emplacement, l’orientation et l’inclinaison des sommets représentent  une deuxième sélection. Ensuite, la qualité du décollage : large, court, herbeux ou rocheux... Après, l’accès au terrain : un sentier existe ou s’agit il de tenter un accès aléatoire? Finalement, les possibilités de retrait en cas de non vol, la proximité d’un autre déco, l'existance de poser si les conditions ne sont pas bonnes.

Tous ses paramètres réunis m’ont permis de créer une liste de terrains potentiellement décollables si et seulement si les conditions sont comme je les ai imaginées

 

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Nom : Sébastien Roux