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Cosmic ride

  Il parait que le magasin de sport local organise des navettes. Il faut normalement réserver à l’avance mais apparemment il serait possible qu’il m’emmène demain matin sur place pour 115+tx. Aouch, je m’en doutais. Je ne suis pas trop confiant sur l’autostop, la fréquentation est vraiment faible. J’opte pour trouver une âme généreuse qui accepterait de me conduire au départ en échange d’un peu d’argent pour couvrir les frais d’essence. Je questionne les commerçants : la vendeuse du magasin bio, de la quincaillerie, des passants etc … toutes les personnes me paraissaient sympas et agréables. Elles ne paraissent pas être contre l’idée mais n’ont pas le temps nécessaire. Gardons espoir. Ce qui m’occupe l’esprit c’est surtout de savoir si je dois partir rapidement ou attendre une prévision plus précise. Pas facile d’allier le côté imprévisible du transport avec un créneau météo.

 

  Dans ces cas là, je m’en remets au destin...et les choses s’arrangent parfois de manière incroyable : un drôle de bonhomme, ‘cosmic’ de surnom, m’aborde sans retenu aux portes ou aux alentours du ‘Cowboy Bar’. Casquette de rapeur, tatouages aux avant-bras, oreillette wifi et breloques en or. Je lui dis rapidement que je cherche à me rendre à 1h d’ici pour partir en randonnée. Sans en demander plus ni même savoir ou c’est, il m’offre de m’emmener maintenant. Je lui précise qu’il y a une heure de route, sur un sentier cabossé, qu’il est déjà tard.... Ca n’a pas l’air de le préoccuper le moins du monde. Je suis un peu pris de court : il faut encore que je repasse au supermarché, il me faut un nouveau briquet, la librairie est maintenant fermé et je n’ai plus moyen d’accéder à internet...tant pis, l’occasion est là, je fonce ! Je lui offre une bière le temps de mettre à jour mon sac à dos. Le Cowboy bar ; genre de saloon rempli de travailleurs encore en chaussures de sécurité qui boivent l’argent des puits pétroliers qu’ils ont tout juste abandonnés, le temps d’une « déconnade » autour d’un billard ou d’une partie de fléchettes; il accepte de garder mes affaires pendant la durée nécessaire. Parfait.

 

  J’embarque à bord du RAM2500 qui fait vibrer son V8 plein gaz direction l’entrée Nord du parc, alors que le soleil se couche doucement et laisse ressortir la fraicheur des 2500m d’altitude. Cosmic est un dur, se bat dans les bars mais n’en revient pas que je veuille partir seul au pays des ours pendant 10 jours. Il me communique son appréhension et je me sens maintenant tout petit, seul face à ses grandes falaises qui se dressentdans la nuit. Je plante la tente et m’enroule dans mon parapente, encore étourdi d’être déjà ici, en pleine nature, sous le ciel étoilé, au beau milieu des Winds.

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Nom : Sébastien Roux